CDP : Eddie pas mieux que Juliette

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Le parti de Blaise Compaoré dirigé par Eddie Komboïgo, le CDP a obtenu 20 députés sur 127 que compte l’Assemblée nationale. Si ce score avait été obtenu en temps de « galère » comme en 2015, on aurait applaudi. C’est donc une piètre performance que Eddie donne à son parti qui avait tout pour gagner cette élection, si et seulement s’il n’y avait pas eu « le moi ou personne ».

Le parti de Blaise Compaoré a-t-il fait mieux à ce scrutin du 22 novembre 2020 qu’à celui de 2015 ? Assurément non. Trois éléments démontrent si besoin en est,  que Eddie a échoué. Le score, le contexte, et le potentiel du parti montrent  à souhait que c’est un échec sur toute la ligne.

Après les affres du putsch manqué de Diendéré en septembre 2015 dont le CDP a porté les stigmates, personne ne donnait un député à ce parti. C’est donc dépouillé de ses cadres, certains en prison, d’autres en fuite, beaucoup terrés dans le silence et l’oubli que, Juliette Bonkoungou a pris la coordination des opérations pour amener le parti aux élections de 2015. L’on se souvient comme si c’était hier, que Eddie Komboïgo, celui-là même qui avait proféré des menaces sur le scrutin de novembre 2015 au cours d’une conférence de presse « …Si on invalide ma candidature, il n’y aura pas d’élections… »,avait « fraya » comme disent les Ivoiriens.

C’est donc un parti orphelin de son président, de nombre de ses cadres, qui est parti aux élections sans grand espoir d’engranger des députés. Si à cela on ajoute le sevrage financier orchestré par les autorités de la transition sur le parti, le score de 2015 du CDP était connu d’avance dans certaines chapelles politiques. Il se susurrait que le parti de Blaise Compaoré n’aurait pas plus de 5 députés.

Les raisons de l’échec de Eddie.

A l’arrivée, 18 députés. Beaucoup de ces élus ont mouillé le maillot par amour du parti et par fidélité à Blaise Compaoré.  Et ceux qui ont porté leurs suffrages au parti pour qu’il obtienne ces 18 députés étaient fiers du résultat obtenu. Parce que, ces 18 députés ont été obtenus en temps de « guerre ». En temps de guerre parce qu’il n’était pas bon d’être militant du CDP, pis encore fidèle à Blaise Compaoré, dans ce pays d’insurgés.

Cinq ans après ce score mémorable, voici le CDP encore aux élections. Cette fois-ci, sans exclusion, sans sevrage économique, sans traque de ses cadres. Nombres d’analystes politiques, avant le scrutin du 22 novembre soutenaient que le CDP ne pouvait pas gagner la présidentielle avec Eddie, mais qu’au contraire, aux législatives, le parti pouvait frapper fort. Au résultat, Eddie a perdu la présidentielle, mais également, il a perdu les législatives si l’on s’en tient au nombre des 20 députés. Mais comment en sommes-nous arrivés là ?

L’échec du CDP est de la responsabilité de son président. Un président qui a plus fait la guerre à ses camarades du parti qu’à son adversaire le MPP et son candidat Roch. Depuis son retour de fuite, suivi de son blanchiment dans l’affaire du putsch, comme s’il était instruit d’une mission, Eddie Komboïgo a ouvert plusieurs fronts au sein du parti. Il s’est appliqué à casser les cadres un à un surtout ceux qui ont eu l’outrecuidance de penser que, quelqu’un d’autre que lui Eddie pouvait prétendre à la candidature du parti à la présidentielle.

Il a semé les germes de la division et le « celui qui n’est pas avec moi, est contre moi » était le mot d’ordre. Les militants, au lieu d’épier les mouvements des adversaires, s’épiaient entre eux. Et c’est qui apportera à Eddie les meilleures informations (infos ou infox) sur tel ou tel cadre qui………………… Le BEN qui comptait plus d’une centaine de membres, se réunissait à moins de 60 personnes. Que dire du secrétariat permanent ? La division a entrainé le départ de plusieurs cadres du parti, et d’autres ont pris de la distance avec le parti. Combien sont-ils ces cadres, militants, sympathisants qui ont préféré regarder les choses de loin pour garder leur dignité que de se laisser piétiner dans le parti.

Après les germes de la division, le chantage a été l’arme de prédilection  du maitre des lieux. Pour espérer être sur les listes des législatives, il faut montrer un soutien sans faille et un dévouement cultuel au président du parti. Au finish, il y a eu des pleurs et des grincements de dents pour beaucoup. Et ce n’est pas Blandine Ouédraogo, qui nous dira le contraire. Ils sont nombreux comme elle, qui ont été déçus à la dernière minute et qui ont préféré se taire et baisser les bras.

Tout cela ne pouvait aboutir qu’à des choix de bénis oui-oui, comme la candidature d’Alpha Yago dans le Sissili pour quelqu’un qui a fait ses armes à Bobo et qui y a une base. Ou un des choix imposés comme Boukary Jacques Niampa, dans le Lorum qui on sait ne porte pas Eddie dans son cœur et vice-versa. Mais Eddie n’a pas eu  d’autre choix que le porter  tête de liste dans cette partie du Burkina. Il y a le siège du Namentenga et du Sanmatenga que le parti a perdu à cause de l’orgueil de son président.

Et pour cause, Eddie voué aux gémonies Zambendé Théodore Sawadogo et Rasmané Daniel Sawadogo du fait de leur soutien présumé à un autre candidat, que le CNP n’aurait pas existé, que le CDP aurait eu deux sièges dans ces deux provinces. Mieux, Eddie avait joué au rassemblement comme se réclame-t-il de Blaise Compaoré, que le Mouvement Agir ensemble n’aurait pas vu le jour et que peut-être, il se préparait à être président de l’Assemblée nationale.

Les demies vérités, l’infantilisation des cadres, le narcissisme, ont conduit à l’échec du parti de Blaise Compaoré qui prendra le titre de Chef de file de l’Opposition politique sans trop de bagage pour porter la contestation face au pouvoir en place. A y voir de près, Eddie Komboïgo avait un agenda autre que celui de la victoire de son parti à ce double scrutin. Et à ce jeu-là, on peut affirmer sans risque de se trompé qu’il n’a pas fait mieux que Juliette Bonkoungou.

Ange Sandrine BOURO

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